Vous travaillez 60 heures par semaine... mais votre entreprise avance-t-elle vraiment ?
Beaucoup d'artisans travaillent toujours plus sans avoir le sentiment de progresser. Découvrez pourquoi travailler davantage ne suffit pas toujours à développer son entreprise.
Au début, on accepte tout.
Tous les chantiers.
Tous les appels.
Tous les dépannages.
On se dit que c'est normal.
Que c'est le prix à payer pour développer son entreprise.
Puis les années passent.
Vous travaillez toujours autant.
Parfois davantage.
Mais quelque chose ne change pas.
Vous manquez toujours de temps.
Vous terminez encore vos devis le soir.
Vous passez vos dimanches à préparer la semaine suivante.
Et vous avez parfois cette impression étrange :
"Je travaille énormément, mais mon entreprise ne grandit pas."
Si cette phrase vous parle, vous êtes loin d'être le seul.
À retenir
Être débordé n'est pas forcément un signe de réussite.
Le piège dans lequel tombent beaucoup d'artisans
Quand l'activité augmente, le premier réflexe est souvent de travailler plus.
On commence plus tôt.
On finit plus tard.
On répond au téléphone pendant les repas.
On traite les devis le week-end.
Pendant quelques mois, cela fonctionne.
Mais ce modèle atteint rapidement ses limites.
Parce qu'une journée ne fera jamais plus de 24 heures.
Produire n'est pas piloter
Posez-vous une question.
Sur une semaine de 60 heures, combien en consacrez-vous réellement à faire avancer votre entreprise ?
Pas à poser des tuiles.
Pas à couler du béton.
Pas à remplacer une chaudière.
Mais à :
- analyser vos résultats ;
- améliorer vos méthodes ;
- former vos équipes ;
- préparer les prochains mois.
Pour beaucoup de dirigeants, la réponse est proche de zéro.
Et c'est souvent là que la croissance s'arrête.
Les tâches qui donnent l'impression d'avancer
Certaines activités procurent une satisfaction immédiate.
Vous terminez un chantier.
Vous livrez un client.
Vous résolvez un problème.
Vous avez l'impression d'avoir été productif.
Mais pendant ce temps, les sujets vraiment stratégiques restent de côté :
- relancer des devis ;
- revoir les marges ;
- préparer les recrutements ;
- améliorer l'organisation.
Ces tâches sont moins visibles.
Mais elles font avancer l'entreprise.
L'histoire de Nicolas
Nicolas dirige une entreprise de rénovation avec six salariés.
Pendant des années, il travaillait plus de soixante heures par semaine.
Ses proches lui répétaient qu'il devait lever le pied.
Lui répondait toujours la même chose : "Quand l'entreprise sera plus grande."
Puis un jour, il réalise qu'il répète cette phrase depuis cinq ans.
Il décide alors de bloquer deux heures chaque vendredi matin.
Pas pour un chantier.
Pas pour répondre aux emails.
Mais pour travailler sur son entreprise.
En quelques mois, il simplifie son planning, revoit son suivi des devis et améliore sa communication avec ses clients.
Il ne travaille pas moins.
Mais il travaille différemment.
Et c'est ce qui fait toute la différence.
Les signes que vous êtes devenu le goulot d'étranglement
Votre entreprise dépend peut-être trop de vous si :
- chaque décision doit passer par vous ;
- vos équipes vous appellent plusieurs fois par jour ;
- personne ne sait répondre à un client en votre absence ;
- vous êtes le seul à connaître le planning complet ;
- vos vacances sont impossibles.
Plus une entreprise grandit, plus ces situations deviennent problématiques.
Ce que font les dirigeants qui réussissent à grandir
Ils ne cherchent pas à gagner une heure.
Ils cherchent à supprimer ce qui n'a plus de valeur.
Ils automatisent.
Ils délèguent.
Ils documentent leurs méthodes.
Ils prennent régulièrement du recul.
Et surtout, ils acceptent que leur rôle évolue.
Un dirigeant n'a pas vocation à rester éternellement le meilleur technicien de son entreprise.
Le coût caché des journées à rallonge
Travailler 60 heures par semaine a un coût.
Pas seulement pour vous.
Mais aussi pour votre entreprise.
La fatigue entraîne :
- davantage d'erreurs ;
- des oublis ;
- des décisions prises dans l'urgence ;
- une communication moins efficace.
À long terme, cela finit par ralentir votre développement.
Faites le test
Pendant une semaine, notez chaque heure passée sur :
- les chantiers ;
- les devis ;
- les appels ;
- les imprévus ;
- l'amélioration de votre entreprise.
Puis posez-vous cette question.
Est-ce que mon agenda ressemble à celui du dirigeant que je veux devenir ?
Ou à celui d'un salarié très occupé ?
La réponse est souvent révélatrice.
Les erreurs les plus fréquentes
- Penser que travailler plus résoudra tous les problèmes ;
- Attendre "le bon moment" pour s'organiser ;
- Refuser de déléguer ;
- Ne jamais mesurer le temps consacré au pilotage ;
- Croire que l'urgence est une méthode de gestion.
Le conseil du dirigeant
Bloquez deux heures par semaine.
Deux heures où personne ne peut vous déranger.
Utilisez-les uniquement pour réfléchir à votre entreprise.
Pas pour produire.
Pas pour répondre au téléphone.
Ces deux heures seront probablement les plus rentables de votre semaine.
En résumé
Le développement d'une entreprise ne dépend pas uniquement du nombre d'heures travaillées.
Il dépend surtout de la manière dont ces heures sont utilisées.
Produire est indispensable.
Mais piloter l'est tout autant.
Prenez régulièrement du recul.
C'est souvent à ce moment-là que les meilleures décisions sont prises.
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